Osmolarite

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osmolarité définition physiologie calcul formule

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Voici une synthèse complète sur l'osmolarité (et l'osmolalité), telle qu'enseignée dans les grands manuels de physiologie et d'anesthésiologie.

Osmolarité

Définitions et distinctions fondamentales

TermeDéfinitionUnité
OsmolaritéNombre d'osmoles de solutés par litre de solutionmOsm/L
OsmolalitéNombre d'osmoles de solutés par kilogramme de solvant (eau)mOsm/kg H₂O
TonicitéEffet d'une solution sur le volume cellulaire
Pour les solutions biologiques diluées (plasma, liquide interstitiel), les deux valeurs diffèrent de moins de 1 % et sont utilisées de manière quasi interchangeable en pratique clinique. Les osmomètres de laboratoire sont calibrés en osmolalité (mOsm/kg H₂O).
"Osmolarity equals the number of osmoles per liter of solution, whereas osmolality equals the number of osmoles per kilogram of solvent." — Morgan & Mikhail's Clinical Anesthesiology, 7e

Principes physiques

  • 1 osmole = 1 mole de particules non dissociables
  • Pour les substances qui s'ionisent : 1 mole → n osmoles (n = nombre d'espèces ioniques)
    • Exemple : NaCl → théoriquement 2 Osm/mol, mais en réalité ~1,86 Osm/mol (interaction ionique réduit l'activité effective)
  • Une différence de 1 mOsm/L entre deux solutions génère une pression osmotique de 19,3 mmHg

Formule de calcul de l'osmolarité sérique

$$\text{Osmolarité calculée} = 2 \times [\text{Na}^+] + \frac{\text{glycémie}}{18} + \frac{\text{urée}}{2{,}8}$$
(avec Na⁺ en mEq/L, glycémie et urée en mg/dL)
Valeurs normales du plasma :
  • Osmolalité mesurée : 280–300 mOsm/kg
  • Osmolalité calculée : ~291 mOsm

Tonicité

SolutionEffet sur le volume cellulaire
IsotoniqueAucun effet
HypotoniqueGonflement cellulaire (entrée d'eau)
HypertoniqueRétrécissement cellulaire (sortie d'eau)

Trou osmolaire (Osmolar Gap)

$$\text{Trou osmolaire} = \text{osmolalité mesurée} - \text{osmolalité calculée}$$
  • Valeur normale : < 10–15 mOsm/kg
  • 10–15 mOsm/kg : évoque la présence de solutés osmotiquement actifs non dosés (alcools toxiques : méthanol, éthylène glycol, éthanol, isopropanol)
  • 50 mOsm/kg : très évocateur d'intoxication au méthanol ou à l'éthylène glycol (associé à une mortalité accrue)
Si des alcools sont suspectés, la formule complète est :
$$\text{Osmolarité} = 2[\text{Na}^+] + \frac{\text{glycémie}}{18} + \frac{\text{urée}}{2{,}8} + \frac{\text{éthanol}}{4{,}6} + \frac{\text{méthanol}}{3{,}2} + \frac{\text{éthylène glycol}}{6{,}2}$$

Osmolalité des principaux solutés de perfusion

SolutéOsmolalité mesurée (mOsm/kg)Osmolarité théorique (mOsm/L)
Plasma288 [280–300]291
NaCl 0,9%285 [282–286]308
Ringer Lactate257276
Gélatine 4%271274
Albumine 4%266274
Note : les solutés hypotoniques sont contre-indiqués en neurochirurgie, car une baisse de l'osmolalité plasmatique de seulement 4–5 mOsm/kg suffit à aggraver un œdème cérébral. — Miller's Anesthesia, 10e

Régulation physiologique

L'osmolalité plasmatique est finement régulée autour de 290 mOsm/kg par :
  • Les osmorécepteurs hypothalamiques → sécrétion d'ADH (vasopressine)
  • La soif
  • Le rein (dilution ou concentration des urines)
La pression oncotique (pression osmotique colloïdale) est due aux protéines plasmatiques (principalement l'albumine) et ne représente que ~1 mOsm (~25 mmHg), mais joue un rôle capital dans les échanges capillaires (loi de Starling).

Sources : Morgan & Mikhail's Clinical Anesthesiology 7e · Medical Physiology (Boron & Boulpaep) · Miller's Anesthesia 10e · Tintinalli's Emergency Medicine

Hyponatremie

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hyponatrémie classification causes traitement 2024

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Voici une synthèse complète sur l'hyponatrémie issue des grands manuels de médecine interne, nephrologie, et médecine d'urgence.

Hyponatrémie

Définition et classification

Hyponatrémie = natrémie < 135 mmol/L
SévéritéNatrémie
Légère130–135 mmol/L
Modérée125–129 mmol/L
Sévère< 125 mmol/L
DuréeDéfinition
Aiguë< 24–48 h
Chronique> 24–48 h (ou durée inconnue → traiter comme chronique)

Physiopathologie

L'hyponatrémie représente un excès d'eau libre par rapport au sodium → baisse de l'osmolalité plasmatique → mouvement d'eau vers les cellules → œdème cérébral (principal mécanisme des symptômes).
Première étape : distinguer la pseudohyponatrémie
  • Pseudohyponatrémie (osmolalité normale) : hyperlipidémie sévère, hyperprotidémie (artefact de mesure par photométrie de flamme)
  • Hyponatrémie hypertonique (osmolalité élevée) : hyperglycémie → correction de la natrémie : +1,6 mmol/L pour chaque +100 mg/dL de glycémie
  • Hyponatrémie hypotonique vraie : à investiguer selon le volume extracellulaire

Approche diagnostique par état volémique

1. Hypovolémique — perte de sodium > perte d'eau

CauseUNaUosm
Pertes extra-rénales (diarrhée, sueurs, vomissements)< 20 mEq/LÉlevée
Pertes rénales (diurétiques thiazidiques, insuffisance surrénalienne)> 20 mEq/LVariable
Les thiazidiques sont 12× plus souvent responsables que les diurétiques de l'anse : ils inhibent la dilution urinaire sans affecter la concentration, favorisant la rétention d'eau libre.

2. Euvolémique — excès d'eau libre

Principale cause : SIADH
Critères diagnostiques du SIADH :
  1. Hyponatrémie hypotonique (Posm < 275 mOsm/kg)
  2. Osmolalité urinaire inappropriément élevée (> 200 mOsm/kg)
  3. Natriurèse élevée (UNa > 20–40 mEq/L) malgré l'hyponatrémie
  4. Euvolémie clinique (pas d'œdèmes)
  5. Fonctions rénale, surrénalienne et thyroïdienne normales
Causes du SIADH :
  • Tumeurs : cancer du poumon à petites cellules (75 % des cas de SIADH paranéoplasique, 10–15 % des CPPC)
  • SNC : AVC, traumatisme crânien, méningo-encéphalite
  • Poumons : pneumonie, tuberculose, VIH
  • Médicaments : cyclophosphamide, cisplatine, vincristine, vinblastine, carbamazépine, ISRS, AINS
  • Hypothyroïdie, insuffisance surrénalienne (à exclure)

3. Hypervolémique — excès de sodium ET d'eau (eau > Na)

CauseUNaSigne clinique
Insuffisance cardiaque< 20 mEq/LŒdèmes, dyspnée
Cirrhose< 20 mEq/LAscite, IHC
Syndrome néphrotique< 20 mEq/LŒdèmes
Insuffisance rénale avancée> 20 mEq/L

Symptômes

Liés à l'œdème cérébral ; corrélés à la profondeur et surtout à la rapidité de la chute :
SévéritéSymptômes
LégersNausées, anorexie, asthénie, céphalées
ModérésConfusion, désorientation, somnolence
Sévères (urgence)Convulsions, coma, engagement cérébral, arrêt respiratoire
Note : seulement 27 % des patients SIADH sont symptomatiques malgré une natrémie médiane à 117 mEq/L.

Traitement

Principe fondamental : vitesse de correction

Le risque majeur est le syndrome de démyélinisation osmotique (SDO) = myélinolyse centro-pontine et extra-pontine, pouvant causer : quadriplégie, paralysie des nerfs crâniens, mutisme akinétique, mort.
SituationObjectif de correction
Hyponatrémie aiguë symptomatique+4 à 6 mmol/L rapidement (prévention de l'engagement)
Hyponatrémie chronique, haut risque ODS (Na < 120 mmol/L, > 48h)Max 6 mmol/L/24h
Hyponatrémie chronique, risque standardMax 8 mmol/L/24h ; ne pas dépasser 10–12 mmol/L/24h ou 18 mmol/L/48h
Facteurs de risque de SDO : Na < 120 mmol/L depuis > 48h, alcoolisme, dénutrition, hypokaliémie, maladie hépatique.

Traitement selon le contexte

SituationTraitement
Symptômes sévères (convulsions, coma)NaCl 3% en bolus IV : 100 mL sur 10 min, à répéter 2× si besoin
Symptômes modérésNaCl 3% en perfusion : 0,5–2 mL/kg/h
SIADH chronique asymptomatiqueRestriction hydrique 500–750 mL/j
HypovolémiqueSérum physiologique 0,9% (jusqu'à 23–30 mL/kg/j)
Hypervolémique (IC, cirrhose)Restriction hydrosodée + diurétiques de l'anse
SIADH réfractaireVaptans (tolvaptan 7,5–60 mg/j si GFR > 30), urée (15–60 g/j), déméclocycline (900–1200 mg/j)
Si correction trop rapide (dépassement de l'objectif) :
  • Ralentir immédiatement
  • Administrer du sérum hypotonique ± desmopressine pour abaisser la natrémie vers l'objectif cible

Correction de la natrémie en cas d'hyperglycémie

$$[\text{Na}^+]{\text{corrigée}} = [\text{Na}^+]{\text{mesurée}} + 1{,}6 \times \frac{\text{glycémie} - 100}{100}$$

Points-clés à retenir

  1. Toujours déterminer l'osmolalité plasmatique pour exclure une pseudohyponatrémie ou hypertonique
  2. Mesurer UNa et Uosm pour orienter l'étiologie
  3. SIADH = diagnostic d'exclusion (éliminer hypothyroïdie, insuffisance surrénalienne)
  4. La vitesse de correction prime sur la profondeur : ne jamais dépasser 8–12 mmol/L/24h en chronique
  5. Hyponatrémie < 125 mmol/L = urgence spécialisée ; < 120 mmol/L = hospitalisation en soins intensifs

Sources : Goldman-Cecil Medicine · Brenner & Rector's The Kidney · Tintinalli's Emergency Medicine · Fishman's Pulmonary Diseases · Henry's Clinical Diagnosis & Management · Murray & Nadel's Respiratory Medicine · Hyponatraemia treatment standard 2024, NDT
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